Blue Phobia

blue phobia couverture
Eri TsuruyoshiGlénat (Seinen manga)

Premier manga sur ce blog ! Pour bien commencer, un one shot (sorti en 2 tomes au japon), bon pour votre PAL et votre compte en banque !

Il fallait vraiment que je vous parle de ce petit bijou. Premièrement, sachez que la couverture m’a totalement fait craqué ! Etant accro au bleu, avec en plus cette colonne vertébrale et ce cœur qui scintille, c’était trop pour moi ! Bon, évidement que j’ai lu le résumé, hein, mais je ne suis pas sûre que je me serais arrêtée dessus si l’objet n’avait pas été aussi beau.

Alors, dans ce manga, nous suivons deux personnages, une jeune fille : Meer, atteinte de la maladie indigo, qui transforme petit à petit vos os en minéral bleuté, et Kai, un jeune homme amnésique au début du manga. Tout ce que je peux vous dire pour ne pas vous spoiler, c’est que ces deux la sont retenus captifs dans un laboratoire gigantesque, et qu’il vont essayer de s’enfuir.

Le dessin dans ce manga est super bien réalisé, la peur des personnages apparaît très bien aux yeux du lecteur. Mais ce que j’ai préféré, c’est vraiment le scénario en lui même, on commence par découvrir toute l’histoire autour de cette maladie, et toute l’histoire de Kai en même temps, puis on suit nos personnages dans leur évasion qui n’est pas du tout ennuyeuse, on découvre des nouveaux éléments au fur et à mesure, et la fin !

Je ne m’y attendais pas du tout ! Dans un manga, j’ai pour habitude de lire une fin heureuse, ou le conflit est résolu, mais ici, d’accord, ça c’est plutôt bien passé, ça aurait pu être pire, néanmoins, c’était tellement triste ! La fin n’était pas simple du tout, je ressentais en même temps de la joie et de la tristesse pour Meer et Kai, parce que je savais que ça n’allait pas dans le bon sens.

J’ai vraiment aimé cette histoire, Blue Phobia est un manga dont je me souviendrais pour sûr !

Isaakir.

La Panthère des Neiges

Sylvain TessonGallimard (collection Blanche)

J’ai découvert Sylvain Tesson sur Youtube, il m’a tout de suite intrigué avec ces phrases sophistiquées. Tesson est écrivain et explorateur, à chacun de ses voyages, il écrit un livre. Quand je suis allée en librairie quelques jours après, j’en ai profité pour lire Dans les Forêts de Sibérie, roman dans lequel il nous raconte les six mois durant lesquels il a habité dans une petite cabane en bois au bord du lac Baïkal, en Sibérie, et depuis, c’est le grand amour entre ses romans et moi !

Bon, je n’ai lu que La Panthère des Neiges et le livre précédemment cité, peut être à cause de mon amour pour les paysages hivernaux ? mais je suis sûre que ces anciens écrits sont tout aussi beaux.

Dans La Panthère des Neiges, Tesson part avec son ami Munier, photographe animalier, la femme de Munier, et Léo le philosophe. Munier veut photographier la panthère des neiges.

Ce roman est, d’abord, très poétique, avec énormément de comparaisons, de réflexions qui sortent du voyage en lui même , ce qui caractérise fort bien les écrits de Tesson. C’est cette beauté que je recherche chez lui, le thème du roman ne m’intéresse pas trop finalement ! Ici, il nous parle du taoïsme, de la femme et de la mère qu’il a perdu, d’art… Tout est magnifique. Ce qui est dans mon cas une autre caractéristique des ces écrits, c’est tout le vocabulaire qui m’est inconnu ! Tesson décrit tout avec une incroyable beauté, et pour cela, il utilise du lexique animalier, végétal, biologique, que je n’ai jamais entendu. J’ai du souvent faire des recherches en cours de lecture pour savoir de quel animal on parlait, ce qui m’a appris pas mal de choses !

Néanmoins, la traque de la panthère est prenante ! On sait plus ou moins qu’ils vont réussir à la voir, mais tout le processus de l’affût qu’on est obligé de mettre en place pour espérer la photographier est passionnant à lire.

Pour finir, comme je suis en licence d’histoire de l’art et d’archéologie, voici une petite liste de citations que j’étais obligée de relever parmi les innombrables que j’ai post-itées :

L’affût était une prière. En regardant l’animal, on faisait comme les mystiques : on saluait le souvenir primal. L’art aussi servait à cela : recoller les débris de l’absolu. Dans les musées on passait devant les tableaux, carrés de la même mosaïque.

Elle se levait pour rentrer les chevaux à l’abri. C’était une vision préraphaélite : une femme lente, dure, claire et précise, allant sous la lune, suivie de son chat, d’une oie, de chevaux sans licol, et d’un chien.

Dans les grottes, je percevais l’écho magique d’un vieux rayonnement. Même question sous la nef d’une église : que c’était-il passé ici ? Comment s’aimait-on sous un plafond voûté ?

Bref, je pense que jamais un seul Tesson ne me décevra.

Isaakir.

Elvira Time 1, Dead Time

Mathieu Guibé / illustrations d’Elodie MarzeEditions du Chat Noir, collection Féline

J’ai sûrement entendu parler de l’auteur par Lili Bouquine (autrice des Chroniques homériques aux mêmes éditions) ou grâce à Nine Gorman (autrice de Ashes Falling for the Sky coécrit avec Guibé). Bref, quand j’ai commandé l’année dernière l’avant dernier roman de Vincent Tassy (un de mes auteurs français favoris !), Comment le Dire à la Nuit, j’ai craqué. J’ai embarqué ce premier tome avec moi. C’était l’occasion d’enfin découvrir Guibé.

Et finalement, je crois que je n’ai pas commencé par le bon roman. Dans la préface, on nous dit clairement que l’auteur à voulu avec cette histoire partir dans un registre plus léger, avec énormément de références à la pop culture : je n’ai pas vraiment accroché.

Le pitch de l’histoire est en soi plutôt cool, une adolescente chasseuse de vampires (Elvira) qui a repris le boulot de son père décédé, avec son ami le fantôme, et les deux zigotos qui vont se joindre à elle par la suite pour une aventure pleine de gerbes de sang. (en gros.) J’ai beaucoup aimé Elvira, son caractère fort et indépendant, son style « dark », et son ami Jéricho, le fantôme.

Mais ce qui m’a posé problème, ce sont le vocabulaire employé, et les références culturelles. A mon goût, les mots utilisés par Guibé pour conter son histoire sont trop « modernes ». J’ai conscience qu’il voulait écrire plus librement ici, sans se prendre la tête, mais je trouve que les expressions de notre temps ne sont pas esthétiques. En d’autres termes, sa plume ne m’a pas plut. L’autre problème est donc les références à la pop culture. Une fois, deux fois, d’accord, mais il en met dans chaque chapitre ! Ce n’est peut être que moi qui suis à la ramasse, mais je n’en connaissais pas les 4/5, et à force, cela devenait inutile à la narration, puisque je n’avais aucune idée de quoi on parlait…

Enfin, un tout petit peu déçue par la rapidité de l’histoire. J’aurais aimé que Guibé s’attarde plus sur l’évolution du récit, mais peut être n’a t-il pas voulu surcharger le roman en sachant qu’il y aurait d’autres tomes…

Finissons sur une note plus glorieuse ! Il y a une chose que j’ai beaucoup aimé : la relation entre Jéricho et Elvira. Jéricho était le meilleur ami d’Elvira, et par une raison inconnue, il est devenu un fantôme après sa mort, ce qu’il fait qu’il suit Elvira à la trace sans que personne puisse le voir à par elle. Entre ces deux là, on sent qu’il y a une relation profonde de pure amitié, j’ai beaucoup aimé leurs discussions.

Et voilà, je ne lirais sûrement pas le tome suivant, mais c’était une bonne découverte.

Isaakir.

Witch Please, grimoire de sorcellerie moderne

Jack Parker / illustrations de DigleePygmalion

Witch Please, c’est mon deuxième livre appartenant à la catégorie « ésotérisme ». Certes, ce n’est pas beaucoup pour l’instant, mais j’ai bien l’intention d’en apprendre encore plus sur la sorcellerie et ce qui va avec !

Ce livre est un très bon début. Dans ce petit grimoire, Jack Parker (de son vrai nom Taous Merakchi) commence par nous apprendre les bases de la pratique, puis on enchaîne avec les correspondances, sans qui on ne pourrait pas faire de magie du tout, puisque tout repose dessus. Ensuite vient la partie pratique et la partie sorts et rituels.

Dans ce livre, on a donc vraiment une bonne base pour commencer a pratiquer la sorcellerie, en plus de s’en mettre plein les yeux avec les superbes illustrations de Diglee. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le petit passage sur les différents moyens de divination. Il y en avait beaucoup que je ne connaissais pas du tout ! Bien sûr, après ce grimoire, si on veut se lancer dans la divination ou tout autre sujet, on devra toujours faire plus de recherches, Jack nous livre ici seulement une base, mais elle est très complète.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est le fait que Jack nous parle vraiment sans détour, elle évoque toutes les interrogations qu’on pourrait avoir, du type est-ce que la sorcellerie n’est pas un effet placebo, ou est-ce que faire un mauvais sort c’est mal ? Dans un livre de magie plus ancien, on aurait pas à mon avis ce genre de réflexions. Ici, ça nous permet de mettre au clair ce qu’on veut en faisant de la sorcellerie, nos attentes et nos désirs.

Maintenant, j’ai plus qu’à m’y mettre !

Isaakir.

La représentation des femmes dans le Préraphaélisme

Dans la société victorienne qui voit naître le préraphaélisme, les femmes sont souvent représentées sous l’archétype de la « femme déchue », et les préraphaélites n’échappent pas à la règle. Néanmoins le peintre William Holman Hunt apporte plus d’optimisme de ce côté là, et c’est ce que nous allons voir dans cet article, qui est donc la suite de mon Introduction au préraphaélisme.

La « femme déchue »

Les artistes et écrivains victoriens n’ont pas cessé de se pencher sur la question de la déchéance féminine sous toutes ses formes, liaisons adultères, enfants illégitimes, prostitution… Cette vision souvent compatissante, reposerait sur l’idée que de telles situations s’expliquent par le développement d’une société victorienne, urbaine et industrielle, qui est lieu de toutes les tentations.

D’abord, il y a La Fille du Bûcheron de Millais. L’artiste s’est inspiré du poème de Coventry Patmore qui raconte comment la fille d’un bûcheron sombre dans la folie, après avoir noyé son enfant illégitime. Néanmoins, ici, on ne voit pas de représentation de la femme déchue, elle ne réalise pas l’acte qui lui vaudra d’appartenir à cette « catégorie ». Si on ne connaissait pas le poème de Patmore, on ne pourrait pas se douter que Millais aborde le sujet de l’amour tragique (ou de la séduction d’une femme pauvre par un homme plus riche), sujet de beaucoup d’œuvres des préraphaélites, mais aussi de l’enfant illégitime. Sur ce tableau, nous voyons le bûcheron en arrière plan, et Maud, la futur mère, avec son futur amant lui offrant des fraises.

Comme autre exemple de la « femme déchue », nous avons Le Christ et la femme adultère de Hunt (d’après Rembrandt van Rijn).

Ensuite, nous avons une peinture de Rossetti, inachevée, intitulée Trouvée. L’artiste raconte l’histoire de cette femme dans une lettre à Hunt le 30 janvier 1855. Ici Rossetti traite surement de la prostitution.

Un conducteur de bestiaux a laissé sa charrette […] pour courir après une fille qui, errant dans les rues, est passée à côté de lui. Il vient de la rattraper et elle, le reconnaissant, est tombée à genoux.

Enfin, du côté de Ford Madox Brown, proche des préraphaélites, on peut remarquer son tableau Prenez votre fils, Monsieur! qui est lui aussi inachevé. Il a représenté une femme tendant son fils à son père, qui se trouve donc à la place du spectateur mais qu’on voit dans l’image du miroir derrière elle. Il pourrait s’agir ici d’une célébration du mariage et de la famille, ou, et c’est plus probable vu le sentiment de malaise que renvoie la peinture et son inachèvement, de la dénonciation d’une naissance illégitime et peut être alors d’une accusation qui met le père devant ses responsabilité.

La composition de la peinture est une allusion au jeu de miroir dans Les Epoux Arnolfini de Van Eyck, tableau que les préraphaélites admirent beaucoup.

J’adore l’esthétisme de ce tableau inachevé de Brown !

La rédemption

Avec Hunt et son tableau L’Eveil de la conscience, inspiré par une phrase des Proverbes : « Celui qui retire un vêtement par temps froid, est pareil à celui qui demande à un cœur lourd de chanter », l’artiste apporte une vision plus optimiste aux visions de la femme dans la vie moderne victorienne. Il fit inscrire c’est mots sur le cadre du tableau, car dit-il :

Ces mots qui expriment le réveil involontaire du sentiment moral causé par le chant innocent d’un esprit désœuvré, m’amenèrent à monter comment le compagnon de la déchéance de cette fille pouvait être lui-même le messager inconscient d’un message divin.

Hunt à pris pour modèle sa maîtresse, et pour montrer le caractère non officiel de la liaison entre ces deux personnages, il met bien en avant l’annulaire de la femme qui est sans alliance.

Voilà pour cet article, j’espère qu’il vous aura intéressé ! Maintenant qu’on en sait un peu plus sur le préraphaélisme et ses représentations, je vais m’attarder sur les principaux artistes du mouvement, sans oublier les femmes qui y ont joué un grand rôle, et aux principales œuvres de chaque artiste.

Isaakir.

Sources

Introduction au Préraphaélisme

Le préraphaélisme, c’est MON mouvement artistique favoris par excellence. Quand j’ai pensé parler d’art sur ce blog, je ne pensais pas à l’art antique, du Moyen Âge ou encore moderne. Non, je ne pensais seulement qu’à l’art du XIXème siècle, et plus particulièrement aux œuvres préraphaélites. Bien sûr, je parlerais de pleins d’autres choses, mais je voulais vraiment commencer par ce courant artistique.

Alors aujourd’hui, on s’attaque au préraphaélisme, et sur ces bonnes bases, on passera aux artistes et œuvres concernés !

Les origines

Aux origines du préraphaélisme, nous avons trois hommes qui sont passés un jour par la Royal Academy (l’école des beaux-arts basée à Londres) : John Everett Millais, William Holman Hunt et Dante Gabriel Rossetti.

Par la suite, ils firent entrer dans leur groupe quatre amis : Thomas Woolner (sculpteur et poète), James Collinson ( également étudiant à la Royal Academy), William Michael Rossetti (fonctionnaire du fisc à l’époque qui devint le chroniqueur du mouvement, et frère de D. G. Rossetti) et Frederick George Stephens (plutôt écrivain et critique d’art que peintre).

A leur époque, Victoria régnait sur l’Angleterre, et c’était la peinture anglaise, victorienne, une peinture de genre aux scènes quotidiennes souvent moralisatrice et mièvres qui était à la mode. Elle était très codifiée, remplie de conventions et de répétitions, et donc très ennuyeuse. Les préraphaélites voulaient renouveler cette peinture anglaise qui n’évoluait pas, mettant en cause l’enseignement académique (aka la Royal Academy) qui prenait ses références dans l’art de la Renaissance italienne. Ils pensaient qu’elles étaient erronées, le tableau de la La Transfiguration, de Raphaël, leur était notamment insupportable.

transfiguration de raphael et citation de william holman hunt

« [Il] dev[r]ait être condamné pour son mépris grandiose de la simplicité de la vérité, la pause pompeuse des apôtres et l’attitude non spirituelle du Sauveur »

– William Holman Hunt

Pour eux, les peintures devaient devenir moins pompeuses, moins académiques, plus simples et authentiques. C’est pour cela que leur nouvelle référence devint l’art médiéval, plus libre et vrai semblant. A leurs débuts, ils seront également très influencés par le Gothic Revival, un courant artistique visant à redécouvrir le passé médiéval, notamment en architecture et littérature.

Et un homme va beaucoup les influencer également, il s’agit de John Ruskin, critique d’art et théoricien, qui avait une formation en biologie, minéralogie et géologie, mais qui dessinait aussi beaucoup. Il avait une conception poétique et mystique (étant très chrétien) de la nature et une vision fortement morale de l’art et de son rôle social. Enfin, il mettait l’artisanat sur un piédestal, notamment l’architecture gothique, qui pouvait revitaliser l’art, en pleine période d’industrialisation.

Amboise, John Ruskin

Le préraphaélisme, c’est quoi ?

Les sept hommes dont je viens de vous parler ont donc, en 1848, dans l’atelier de Millais, dans le quartier de Bloomsbury à Londres, formé la « Pre-Raphaelite Brotherhood », en français : la confrérie préraphaélite. Leur nom évoquant l’époque avant Raphaël, c’est à dire celle du Moyen Âge jusqu’à la pré-Renaissance.

Ils signaient leur œuvres avec les initiales « P.R.B. », ce qui donna lieu à quelques plaisanteries sur leurs interprétations comme  » Please Ring Bell » ou « Penis Rather Better » car leurs significations n’ont été rendues publiques qu’en 1850.

Les premiers préraphaélites étaient aussi très jeunes ( entre 19 et 22 ans), ce qui explique leurs idées assez fantasques comme leur nom ou les buts de leur mouvement. En tout cas, Rossetti à livré leurs intentions, qui sont au nombre de quatre :

1. Avoir des idées originales à exprimer. 2. Etudier attentivement la nature pour savoir l’exprimer. 3. Aimer ce qui est sérieux, direct et sincère dans l’art du passé et au contraire rejeter ce qui est conventionnel, auto complaisant et appris dans la routine. 4. Le plus important de tout, produire des peintures et des sculptures absolument belles.

Et Hunt les résuma comme ça :

En bref, nous avions besoin d’un art anglais, nouveau et plus audacieux qui amenât l’esprit des hommes à la réflexion.

La confrérie se disloqua à cause de « conflits » internes entre les membres, et une « seconde génération » préraphaélite vit le jour, au sens ou le groupe de personne concerné n’a jamais créé réellement de confrérie, mais qu’il reprenait les codes des premiers préraphaélites. Et les concernés sont Edward Burne-Jones et William Morris, qui rencontrèrent tous les deux Rossetti. C’est également Morris qui a permit au préraphaélisme de gagner les arts décoratifs avec son entreprise Morris and cie. et qui a pratiquement crée le mouvement artistique Art & Craft.

Qu’est-ce qu’on peint ?

Les préraphaélites peignaient différents sujets, ils ont commencé par des scènes religieuses avec une iconographie complexe, comme Le Christ chez ses parents, de Millais.

Le vérisme (mouvement qui avait pour but de représenter la vérité concrète) associé à la religion à tellement choqué à l’époque, (ils ont reçu beaucoup de critiques), qu’ils sont vite passé à autre chose.

S’en suit alors des scènes tirée de la littérature, la littérature anglaise qui est un sujet national et donc ne pouvait pas déplaire. Avec ça, ils étaient sûrs d’avoir de la reconnaissance pour leurs (magnifiques) œuvres.

Millais a peint Mariana par exemple, qui était accompagnée d’un extrait de Tennyson (poète) inspiré de Mesure pour mesure :

«Elle dit seulement "Ma vie est morne
Il ne vient pas";
Elle dit "Je suis lasse, lasse
Si seulement j'étais morte."»

Ils utilisaient également leur peinture pour traiter de sujets contemporains et s’en servir comme critique sociale et ils représentaient toujours la nature dans son plus pur aspect, telle que leurs yeux la voyaient.

Travail, Ford Madox Brown

Enfin, les préraphaélites ont aussi donné une grande importance à leurs « muses » et à la femme en général, mais plutôt dans le sens « femme déchue » (comme beaucoup d’hommmes artistes à travers les siècles et notamment à l’époque victorienne…). Comme il y a beaucoup à dire sur le sujet, je ne vais pas m’étaler ici, et j’en reparlerais dans un prochain article.

Et pour finir avec la deuxième génération, elle suivait donc les traces de la confrérie, mais s’inspirait aussi de la légende arthurienne du Moyen Âge et de la mythologie, comme vous pouvez le voir avec La séduction de Merlin à gauche et le Rendez-vous de Persée à droite, de Burne-Jones.

Voilà, c’est tout pour cette introduction au préraphaélisme, j’espère qu’elle vous aura intéressé ! Si vous avez des questions, l’espace commentaire est fait pour ça.

A bientôt !

Isaakir.

Sources

Toutes les histoires d’amour du monde

Baptiste BeaulieuMazarine

J’ai acheté ce roman sur un coup de tête, Bulledop en ayant fait une très bonne critique dans une de ses vidéos, qui doit dater un peu maintenant.

Quoi qu’il en soit, j’ai enfin pris le temps de le lire ! Et quelle histoire !

Baptiste Beaulieu a retranscrit ici les trois carnets que son grand-père, Moïse, a laissé dans un carton, dans le grenier de sa maison, sans rien dire, avant de mourir quelques temps après. A travers son récit, qu’il écrit pour Anne-Lise, il livre toute sa vie, de son enfance à ses derniers instants. Au fur et à mesure, on comprend qui est la destinataire de cette folle histoire, de ce récit de vie si triste et en même temps si beau. Une grande partie de sa vie est prise par la Seconde Guerre Mondiale, tout est si douloureux, mais dès qu’un petit bonheur apparaissait, j’avais le sourire jusqu’aux oreilles, toujours tinté d’un peu de tristesse. Néanmoins, c’est aussi durant cette période qu’il a connu le grand amour de sa vie.

Je lis tant d’amour et de tendresse dans ses yeux que j’en suis presque honteux : comment peut-on être aussi heureux en 1944 ?

– Moïse

Entre les passages de la vie de Moïse, Baptiste Beaulieu nous raconte comment, grâce à ces carnets, il a pu réussir à se réconcilier, à se rapprocher de son père, Denis. Et quand des photos ont pu être trouvé, il les a ajouté au roman, ce qui rend encore plus flagrant la réalité de ce qu’on est entrain de lire. Il effectue des parallèles avec sa vie et celle de son grand père, essayant de comprendre où se dernier a échoué, pourquoi il n’a pas réussi à lier des liens avec son fils (Denis, donc), et même son petit fils, avant de mourir. Et enfin, il adresse également un message aux lecteurs, pour retrouver Anne-Lise (je ne peux malheureusement pas vous dire qui elle est au risque de vous gâcher la lecture), mais j’espère qu’il la retrouvera avant qu’elle parte, elle aussi.

Isaakir.